5 monstres fabuleux de la mythologie gréco-romaine

14 août 2019 COLLECTION POUR LES NULS

Les mythes regorgent de monstres. Les héros avaient besoin de monstres pour pouvoir les combattre – sinon, comment auraient-ils pu être des héros ? En outre, les dieux se servent de monstres pour effrayer les hommes. Dans un monde mythologique dans lequel les dieux peuvent prendre la forme d’animaux et avoir des enfants avec des humains mortels, qui donc aurait pu savoir à l’avance à quoi ces rejetons allaient ressembler ?

À part le fait que ces monstres étaient des personnages hauts en couleur et des méchants dans les histoires mythologiques, nombre de ces monstres sont devenus des symboles d’idées abstraites : l’ambition humaine, la mort et la résurrection, et (très souvent) l’idée que le monde naturel peut garder des secrets qui nous demeurent inaccessibles à nous, les hommes, et qu’il le fait.

En voici cinq à (re)découvrir !

 

 

Les Gorgones

Selon Homère, il n’existait qu’une seule Gorgone, un monstre des Enfers. Mais le poète Hésiode en mentionne trois : Sthénô (« la Puissante »), Euryalè (« Celle qui voit loin ») et Méduse (la reine des Gorgones, la souveraine). Elles étaient filles de Phorcys, un dieu marin, et de son épouse Céto. Les Athéniens disaient que les Gorgones étaient les filles de Gaia, la Terre mère, qu’elle engendra pour aider ses enfants à lutter contre d’autres dieux.
L’apparence des Gorgones laisse loin derrière les pauvres dragons de nos contes ! Les Gorgones avaient des ailes, leurs dents étaient très longues, et des vipères leur tenaient lieu de cheveux. Des trois, seule Méduse était mortelle, et elle joue un rôle important dans le cadre du mythe de Persée. Elles avaient un aspect si terrifiant que quiconque les fixait était changé en pierre. D’ailleurs, l’adjectif médusé signifie encore aujourd’hui « frappé de stupeur ». Les Grecs se servaient de représentations artistiques des Gorgones pour repousser le mal. La statue d’Athéna au Parthénon d’Athènes portait un bouclier orné d’une tête de Gorgone, en illustration du mythe de Persée, le héros qui avait tué Méduse et donné sa tête en cadeau à Athéna. Des êtres aussi hideux que les Gorgones ne pouvaient que répandre la terreur parmi tous, humains et même dieux : il n’est donc pas étonnant que Persée ait reçu la mission de tuer Méduse. Ce qui est en revanche merveilleux, c’est la façon dont il s’y prit : sur les conseils d’Athéna, (Pindare, Pythiques) il se munit de sandales ailées offertes par Hermès et d’un bouclier parfaitement poli, et c’est en regardant dans ce bouclier comme dans un miroir qu’il trancha la tête de Méduse, car, ne l’oublions pas, le regard de cette aimable bête pétrifiait (au sens propre !) quiconque la regardait.
Du cou tranché de Méduse, enceinte des oeuvres de Poséidon, sortirent Pégase et Chrysaor. Ce dernier engendrera Géryon et Echidna, d’autres monstres de la lignée.

 

La Chimère

La Chimère était un autre monstre femelle (les monstres femelles n’ont pas la vie facile dans les mythes grecs) à la tête de lion, au corps de chèvre et à la queue de dragon, et elle crachait des flammes. Bellérophon monté sur Pégase la tua.
En français, le mot « chimère » désigne une vaine imagination, une illusion, une utopie, un être qui n’existe pas dans la réalité, comme le cheval ailé ou la licorne. On emploie aussi l’adjectif : « des projets chimériques » pour désigner des projets utopiques ou illusoires. Bref, la chimère n’a pas très bonne réputation !

 

 

Cerbère, le chien des Enfers

Homère mentionna un chien monstrueux qu’Héraclès rapporta des Enfers, car c’était l’un de ses douze travaux. Plus tard, la mythologie grecque devint plus précise. D’abord, le chien des Enfers reçut un nom : Cerbère. Puis, il reçut une description plus complète. Cerbère était un chien à trois têtes menaçantes, et il était doté d’un serpent venimeux en guise de queue. C’était le gardien des Enfers. Ses têtes éloignaient les vivants et sa queue gardait les morts à leur place. (Pausanias, l’écrivain voyageur grec établi à Rome, qui adorait les chiens, n’était pas d’accord avec le concept de chien gardien des Enfers parce que, selon lui, « après tout, le chien est un ami de l’homme. »)
De l’union des deux monstres, Typhon et Échidna, naquit Cerbère. Ce chien à trois têtes avait un cou hérissé de serpents, et des dents dont la morsure était empoisonnée comme celle de la vipère. Le chien tricéphale, qui se tenait devant un antre au bord du Styx, permettait aux ombres des morts de pénétrer dans les Enfers, mais leur interdisait d’en sortir. Les mortels téméraires qui tentaient de s’aventurer dans le royaume des morts étaient impitoyablement déchiquetés.
Parfois Cerbère n’était pas aussi impitoyable que la renommée l’affirmait, et certains mortels ou héros parvinrent à l’apprivoiser. Psyché, envoyée par Aphrodite auprès de Perséphone, donna à Cerbère un gâteau et réussit à l’amadouer. La Sibylle de Cumes, Déiphobé, lui offrit également une sorte de pâte soporifique lorsqu’elle conduisit Énée aux Enfers. Quant à Orphée, on sait qu’il parvint à charmer de sa lyre et de ses chants l’inexorable monstre. Enfin, avec Héraclès, Cerbère connut une humiliante défaite. Autorisé à s’emparer du chien et à le ramener sur Terre à la simple et difficile condition de ne pas recourir à ses armes, Héraclès, de ses seules mains, l’étouffa à demi et put le porter ainsi jusqu’à Mycènes. Mais bientôt Cerbère, gardien sans égal, fut rendu à l’empire des morts.

 

Chiron

Fils de Chronos, qui avait pris la forme d’un cheval et d’une fille d’Océan, Chiron a l’apparence d’un Centaure. Mais, à la différence des autres Centaures, il était connu pour sa bonté et sa sagesse.
Doué d’immortalité, il avait acquis une grande sagesse et avait été l’ami de Pélée, le père d’Achille. Blessé par une flèche d’Héraclès au poison incurable, il se retira dans une grotte. Finalement il accepta de mourir, pour permettre la délivrance de Prométhée.

 

Les Cyclopes

Ces êtres fabuleux, pourvus d’un oeil unique au centre du front, apparaissent dans de nombreuses légendes gréco-latines. On en distingue quatre sortes : les Cyclopes ouraniens, les Cyclopes forgerons, les Cyclopes bâtisseurs et les Cyclopes pasteurs.
Les Cyclopes ouraniens sont nés de l’union monstrueuse de Gaia (la Terre) et d’Ouranos (le Ciel). Comme ils étaient trois frères, Ouranos redouta de les voir se retourner contre lui et s’emparer de ses pouvoirs. Aussi, il les jeta dans le Tartare. Plus tard, avec l’aide de leurs frères les Titans, de Cronos en particulier, et de leur mère indignée, ils se révoltèrent et mutilèrent leur père. Mais Cronos, lui aussi, qui trouvait leur existence dangereuse pour sa suprématie, les précipita à nouveau dans les Enfers. Zeus les délivra. Par gratitude, ils forgèrent la foudre, l’éclair et le tonnerre, qui permirent à Zeus de vaincre Cronos et de s’emparer du trône céleste. Les trois Cyclopes, pour commémorer leurs rôles dans cette révolution, prirent alors respectivement les noms d’Argês (« l’éclair »), Stéropês (« la foudre ») et Brontês (« le tonnerre »). À Hadès, ils offrirent un casque qui rendait invisible ; à Poséidon, le trident grâce auquel celui-ci soulève ou apaise les ondes marines. Par la suite, les trois Cyclopes furent mis à mort par Apollon : le dieu ne leur pardonnait pas d’avoir fourni à Zeus la foudre qui avait frappé et tué Asclépios, son fils.
À ces trois auxiliaires de Zeus viennent s’ajouter les aidesforgerons d’Héphaïstos, qui ont élu domicile au coeur des volcans où ils travaillent l’airain afin d’en façonner l’armure des Dieux et des héros. Pyracmon (« l’enclume ») et Acamas (« l’infatigable ») comptent parmi les plus souvent cités de ces Cyclopes. Plus tardivement encore, on a donné le nom de « murailles cyclopéennes » aux murs constitués d’énormes blocs de pierre, dont on peut voir encore les restes à Mycènes et à Tirynthe. Certains Cyclopes bâtisseurs les auraient édifiés. Mais les plus connus des Cyclopes restent ceux que décrit Homère. Géants brutaux, sans foi ni loi, ils élèvent des troupeaux de moutons, récoltent, sans user d’aucun moyen de technique agricole, ce que la terre consent à faire pousser spontanément, et ne craignent pas, à l’occasion, de dévorer les êtres humains qui se risquent sur leurs territoires et dans leurs cavernes. Ils représentent, aux yeux des Grecs, le type de la race sauvage, inculte, dénuée de toute idée de civilisation. Au cours de leur pérégrination, Ulysse et ses compagnons se mesurèrent avec le plus redoutable d’entre eux, Polyphème.

 

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